Bénin 3/4: De Ouidah à Abomey, de Ganvié à Porto-Novo

Annibal

Commençons par Pahou !  Petite ville tranquille où nous avons été hébergés par Patou, gérant de l’auberge “Chez Patou” où l’ambiance musicale est garantie ! Les jeunes employés de l’auberge étaient très sympathiques, ce qui a facilité les échanges.

Chez Patou

C’est à Pahou que nous avons fait la connaissance de Jean-Baptiste, qui fut notre compagnon de route durant une partie du séjour. Il nous a notamment accompagné dans les villes de Ouidah et Grand Popo.

C’est pour son immense plage que nous sommes allés à Grand Popo, nous en avons bien profité durant toute une après-midi car la plage était déserte. La ville ne présentant pas d’autres intérêts touristiques à notre connaissance, nous  n’y sommes donc pas retournés.

Grand Popo

Grand popo


C’est à Ouidah que nous nous sommes rendus le plus souvent car cette ville présente un grand intérêt historique de plus la famille de ma copine en est originaire.

Le 1er lieu que nous avons eu l’occasion de visiter fut le temple vaudou des pythons. Cet animal étant le symbole de la ville il est très respecté, certains habitants en portent même la marque sur leur visage. Le gardien du temple nous a permis d’approcher les pythons au plus près et nous a sensibilisé à la spiritualité vodun, loin de tous les clichés habituels.

Le Temple des pythons avec J.B

C’est grâce à la famille Jah que nous avons rencontré Kouassi Adossou, guide officiel de la ville de Ouidah, qui nous a conduit sur “la route des esclaves“.

Ouidah

La Route des esclaves


Ouidah est particulièrement liée à l’histoire de la traite négrière.
En effet c’est ici que de nombreux esclaves ont transité pour être embarqués sur les bateaux négriers en direction des Amériques et des Caraïbes.

On retrouve des vestiges de cette époque un peu partout dans la ville notamment au niveau de l’architecture des anciennes maisons de type coloniale (quartier brésilien) et du fort portugais, seul fort européen encore visible.

Cette période de la traite négrière est une période à laquelle je suis particulièrement sensible, vous l’aurez sans doute compris en visitant ce blog. C’est donc avec beaucoup d’émotion que j’ai parcouru cette “route des esclaves” par laquelle des millions d’êtres humains, hommes, femmes, enfants sont passés.

Le parcours se termine sur la plage ou a été érigée “la porte du non retour” monument symbolisant, comme son nom l’indique, la séparation des Africains déportés et de leur terre.

La Porte du non retour

Concernant cette tragique période de l’histoire je suis totalement opposé au discours qui soutient l’idée que: si le système occidental a mis en esclavage les populations africaines, c’est parce que les Africains eux mêmes se mettaient déjà en esclavage entre eux, et par conséquent que les Occidentaux n’ont fait que profiter d’un marché déjà en place.

Il est évident que sur une période de plus de 400 ans si  il n’y a que les complices  africains qui vous intéressent vous allez en trouver !
Est-ce pour autant qu’il faut ramener la responsabilité première de ce crime contre l’humanité à l’Africain seul ? D’autant plus qu’il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs.

C’est encore plus rageant lorsque ce discours est repris par les Africains eux-mêmes ! C’est pourquoi je vous suggère fortement de vous informer par vous même en lisant par exemple les travaux du Pr. Bwemba Bong et de Jean Philippe Omotunde.

Ouidah nous a aussi permis de rencontrer une partie de la famille de ma copine, qui habite encore dans la grande maison familiale !

Tatie Yvette (Ouidah)

Bien sûr, tous ces déplacements nécessitaient de se réapprovisionner en carburant. Comme la plupart des Béninois, nous avons utilisé les stations service improvisées sur les bords des routes. L’essence frelatée, qui vient du Nigéria, pays voisin du Bénin, est beaucoup moins chère car l’État n’a aucun contrôle dessus.

"Vous ne viendrez plus chez nous par hasard"

"Vous ne viendrez plus chez nous par hasard"


La suite de notre itinéraire nous a mené à Allada.

Bien que notre passage y fut bref, nous tenions à y aller car une statue de Toussaint Louverture, l’une des figures majeure de la révolution haïtienne, y a été érigée. Celui-ci étant originaire de l’ancien royaume d’Allada.

Toussaint Louverture (Allada)

Au cours de la même journée nous nous sommes rendus à Ganvié, petit village lacustre situé sur le lac Nokoué.

Les habitations bâties sur l’eau font la particularité de ce village.
Les barques à voile ou à moteur sont les seuls moyens de circulation, c’est donc de cette manière que nous avons fait la visite.

Ganvié

Ganvié


Il est important de passer par l’agence officiel qui permet la visite du village car de faux guides peuvent vous proposer leur service, et une fois embarqué au milieu du lac le risque de racket est bien réel ! Cela permet aussi la redistribution des fonds récoltés pour l’entretien du village.

Wilson Zossou fut notre guide au cours de la traversée, étant lui même originaire de Ganvié il était bien placé pour parler de son village, dont les principales ressources proviennent de la pêche et du tourisme.

Wilson Zossou (Ganvié)

L’origine du village remonterait au XVIIIe s. à l’époque où des razzias esclavagistes ont poussé les populations de la région à venir se réfugier dans les marécages du lac.

Ganvié

Ganvié

Abomey fut la prochaine ville que nous avons eu l’opportunité de visiter, grâce à l’oncle de ma copine qui nous hébergeait à Cotonou. C’est donc en compagnie de tonton Hugues que nous nous y sommes rendus. Sur place nous avons rencontré plusieurs membres de la famille de ma copine et visiter le village natal de son oncle.

Tonton Hugues' family (Abomey)

Ensuite nous sommes allés au musée d’Abomey qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La visite fut intéressante mais trop rapide. En effet nous n’avions pas vraiment le temps de lire les panneaux d’informations des différentes salles, racontant l’histoire des différents royaumes de la région.

A la suite de cette visite nous sommes partis à la rencontre d’un prêtre vodun renommé que tonton Hugues souhaitait consulter. A notre grande surprise le prêtre gardait des lions dans son village ainsi qu’un crocodile, à des fins spirituels.

Abomey

Abomey


A Abomey comme dans les autres villes que nous avons visité il est fréquent de voir des fresques (bas-relief) relatant l’histoire du pays et des rois successif.

Abomey

Avant de quitter la ville nous avons fait un arrêt devant la statue du roi Béhanzin qui a combattu l’armée coloniale française à la fin du XIXe s. Il finira par être déporté en Martinique avec sa famille, de retour en Afrique il mourra en Algérie.

Béhanzin (Abomey)

C’est à Porto-Novo que nous avons terminé notre périple du sud du pays.

Le musée Da Silva, où nous avons eu le privilège d’être les seuls visiteurs fut notre première étape dans la capitale. Cette maison à été construite par la riche famille Da Silva en 1890.

Musée Da Silva

Musée Da Silva


Le musée rassemble toute une collection d’objet symbolisant l’ambiance de l’époque, il se veut aussi d’être un lieu de mémoire de la traite négrière.

Musée Da Silva

Musée Da Silva


La 2ème étape nous a mené à parcourir les rues du marché pour nous retrouver devant la grande mosquée. Elle a la particularité d’être directement inspirée des églises de Salvador de Bahia, ayant été construite par des esclaves affranchis rapatriés du Brésil et convertis à l’Islam. C’est ce qui explique son architecture insolite pour une mosquée.

La grande mosquée

La grande mosquée


La dernière étape nous à permis de nous désaltérer avec un pur jus de fruit ! Effectivement c’est au centre Songhaï que nous avons fait une halte, espérant pouvoir rencontrer un responsable afin d’obtenir des précisions sur les différentes formations que le centre propose.

Du nom d’un prestigieux empire ouest africain, Songhaï est une ONG qui à pour but d’élever le niveau de vie des populations en Afrique pour un développement social et économique durable par le biais d’activités agricoles.

Malheureusement nous n’avons pas pu rencontrer de responsables n’étant pas passés le bon jour. Toutefois l’anecdote du jus de fruit à son importance car malgré la grande diversité de ses fruits il est difficile de trouver un vrai jus de fruit au Bénin ! On ne trouve que des “sucreries”, boissons gazeuses qui n’ont rien de naturelle !

Ceci montre bien dans quelle situation se trouve l’Afrique aujourd’hui, elle possède des matières premières (ici les fruits), mais la transformation de ces matières ne se fait pas sur place, à la place on importe des produits finis (boissons gazeuses) venant de l’étranger.

Un des objectifs du centre Songhaï est de faire en sorte que les matières premières agricoles africaines, soient transformées en produits finis sur place, et destinées aux populations locales en priorité, afin d’atteindre l’autonomie et ainsi sortir du schéma de la dépendance.

“Ces aides alimentaires (…) qui installent dans nos esprits (…) ces réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés.” THOMAS SANKARA

Nous aurions aimé passer plus d’une journée à Porto-Novo car c’est une ville qui nous avaient réellement charmé.

Le prochain article traitera de notre escapade dans le nord du pays et notamment dans l’un des 2 parcs naturels que compte le Bénin, celui de la Pendjari.

Un grand merci à J.B et sa famille, Tonton Hugues et la famille d’Abomey, Tatie Yvette et la famille de Ouidah, Patou et ses employés, Wilson Zossou bon courage pour la suite, Kouassi Adossou.

2 réponses à “Bénin 3/4: De Ouidah à Abomey, de Ganvié à Porto-Novo”

  1. Marie Garnier Morales dit :

    toujours aussi passionnant…J’adore….vite le prochain épisode.

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