Me voici fraichement revenu du Bénin ou j’ai passé 3 semaines et demies en compagnie de ma copine Aby, elle même originaire de ce pays de part sa mère.
Durant notre séjour nous avons eu l’opportunité de rencontrer des personnes admirables qui nous aurons permis de vivre des moments INOUBLIABLES !
Et qui pour ma part m’auront encouragé encore plus à préparer mon retour sur la Terre Mère ! l’Europe, les États-Unis, l’Occident, c’est pas mon idéal !
Je vais essayer de vous retranscrire au mieux notre séjour à travers des photos accompagnées de commentaires dans les prochains articles.
En attendant je vous permets d’écouter un artiste béninois qui nous a accompagné tout au long de notre séjour, Mr GG Lapino !
On a tous déjà entendu parler des trois mousquetaires, que ce soit dans un dessin-animé, un film, ou bien dans une pub, on a tous plus ou moins une idée de qui ils sont.
Mais combien sommes-nous à connaître réellement leurs histoires ? Le roman d’Alexandre Dumas nous plonge dans la France du XVIIe s. et mélange habilement faits historiques et fiction !
D’Artagnan, Athos, Porthos et Aramis, sont les héros de cette aventure remplie d’humour, et de péripéties qui vous feront dévorer les quelques 800 pages de ce roman.
Alexandre Dumas se serait inspiré de la vie de son père le Général Thomas Alexandre Dumas (l’esclave devenu Général de l’armée française), pour rédiger son roman.
Général Alexandre Dumas
(Le parcours du Général Dumas rappel étrangement celui d’Abraham Hanibal.)
Athos et Milady sont les personnages du roman que j’ai préféré. Athos a vraiment la classe, c’est comme ça que je l’ai ressenti, c’est un homme d’honneur, courageux, intelligent et plein de mystère.
Quant à Milady, c’est son coté démoniaque, machiavélique, sournois qui la rend ensorcelante. C’est ce coté obscur qui rend le personnage intéressant !
C’est avec une grande satisfaction que j’ai appris qu’il existait une suite aux aventures des mousquetaires, “vingt ans après”.
Il ne me reste plus qu’à vous inviter à plonger tête baissé dans ces ouvrages !
Posté dans Non classé avec des tags Artiste le 8 décembre 2011 par Annibal
Les Etats-Unis d'Afrique
“[...] l’art doit toujours être l’art de son époque, c’est-à-dire au service des besoins de la société qui l’a engendré. C’est donc de l’examen des besoins les plus pressants du peuple africain à l’état actuel, que devra découler, qu’on le veuille ou non, la nouvelle orientation de notre art. Or de quoi avons nous besoin ?
Nous avons besoin d’une société africaine libre et parfaitement organisée, nous avons besoin d’ouvrir d’avantage les yeux sur la nature extérieure, de posséder le réel au même degré que les Occidentaux, d’atteindre leur niveau d’efficacité, en un mot de découvrir la nature dans sa totalité.
C’est donc à cette double exigence sociale et intellectuelle que notre art devra être soumis, pour être valable à nos yeux. Ainsi l’artiste africain qui écrira pour le seul plaisir de chanter la beauté des nuages, qui fera des descriptions par pure délectation et pour faire montre de virtuosité, ou qui sculptera des formes pour elles-mêmes, vit en dehors des nécessités de son époque. Il en est de même de l’artiste qui tournerait délibérément les yeux vers le passé et se complairait dans une évocation pure et simple de celui-ci ; car ce faisant, il oublierait que la tradition bien comprise ne doit pas nous emprisonner dans une routine, mais doit nous servir de tremplin pour élever notre monde au niveau de l’époque moderne. Par contre, un artiste qui posera le problème social dans son art, sans ambiguïté, d’une façon propre à secouer la conscience léthargique ; l’artiste qui se posera au cœur du réel, pour aider son peuple à découvrir celui-ci ; l’artiste qui saura exécuter des œuvres nobles dans le but d’inspirer un idéal de grandeur à son peuple, qu’il soit poète, musicien, sculpteur, peintre ou architecte, est l’homme qui répond, dans la mesure de ses dons, aux nécessités de son époque et aux problèmes qui se posent au sein de son peuple.
Cependant pour que la fonction sociale de l’artiste soit ainsi dégagée, faudrait-il que le milieu soit propice. L’art ne nourrit pas toujours son homme, encore moins en Afrique dans les circonstances actuelles ; il a manqué souvent à l’artiste africain un statut social digne de lui, des encouragements tels que prix d’art, lauréats, etc., des musées où il pourrait élargir le champ de son expérience, des expositions où il pourrait réaliser le contact avec le public, la possibilité de voyager souvent, des clubs, etc. En somme, il lui a manqué tout le luxe de son collègue occidental. Est-ce à dire qu’il faille nécessairement en passer par là pour produire des œuvres modernes valables, pour arriver à une époque de classicisme moderne, au sens où nous entendons ce mot, c’est-à-dire à l’existence d’une tradition artistique consciente et désormais ininterrompue ?
Certes non. Et s’il fallait attendre de réaliser ces conditions pour produire des œuvres répondant aux nécessités qui nous préoccupent, nous ferions mieux de ne rien attendre des artistes africains comme concours à la cause commune.”
"Afrique(s) une autre histoire du XXe siècle", Elikia M'Bokolo, Philippe Sainteny, Alain Ferrari
Ces derniers temps j’ai vu pas mal de films et documentaires au cinéma ou en dvd ! Je vous propose donc une petite rétrospective sur ces œuvres cinématographique !
“Tant que les lions n’auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier le chasseur.” Proverbe Africain.
C’est le proverbe qui apparait en tête de pochette du dvd, et qui pourrait résumer l’ambition de ce dernier, autrement dit faire connaître le point de vue des Lions !
Le documentaire est divisé en 4 parties de façon chronologique:
1885-1944: Le crépuscule de l’homme blanc 1945-1964: L’ouragan africain 1965-1989: Le règne des partis uniques 1990-2010: Les aventures chaotiques de la démocratie.
Chaque partie débordant d’images d’archives rares et précieuses, traitant de la quasi totalité du continent, ce sont des aspects du documentaire que j’ai beaucoup apprécié !
Dans l’ensemble j’ai beaucoup aimé ce documentaire qui est une mine d’informations, toutefois je conseillerais de compléter son visionnage par un autre documentaire intitulé “Françafrique 50 années sous le sceau du secret”
Car si on se réfère au titre de la 1er partie “Le crépuscule de l’homme blanc.” Celui-ci laisse entendre que l’homme blanc en d’autre terme l’Occident, n’a plus joué de rôle en Afrique à partir des “indépendances” africaine. Et que donc les malheurs que l’Afrique à connu par la suite ne seraient dus qu’à la responsabilité des africains.
Loin de moi l’idée de vouloir dédouaner les africains de leurs responsabilités vis-à-vis des drames qu’a connu et que connait encore le continent, mais je reste convaincu que l’Occident et le 1er responsable des malheurs de l’Afrique !
Ce constat étant fait, il serait naïf pour ne pas dire suicidaire, d’attendre une quelconque aide venant de l’Occident, ce système ne voyant l’Afrique que comme un réservoir de matières premières !
C’est aux africains eux-mêmes et à sa diaspora d’être les 1er acteurs du changement qui apportera la prospérité sociale, culturelle et économique aux générations futures de l’Afrique et de sa diaspora !
Ceci étant dit il est évident que cela ne sera pas une tâche facile, et un sentiment total d’impuissance peut surgir à l’issue du visionnage d’un tel documentaire, tant les tragédies relaté par ce dernier sont nombreuses !
Néanmoins abandonner le combat initié par les générations précédentes, et qui pour beaucoup ont sacrifiés leurs vies, serait faire preuve d’une énorme ingratitude ! Ne serait ce qu’en vers nos parents qui bien souvent sont venus en Occident dans le but de nous permettre d’avoir une vie meilleur, nous avons le devoir de faire en sorte que leurs continent d’origine connaisse des jours meilleurs !
“Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir.” FRANTZ FANON
Commençons par Pahou ! Petite ville tranquille où nous avons été hébergés par Patou, gérant de l’auberge “Chez Patou” où l’ambiance musicale est garantie ! Les jeunes employés de l’auberge étaient très sympathiques, ce qui a facilité les échanges.
Chez Patou
C’est à Pahou que nous avons fait la connaissance de Jean-Baptiste, qui fut notre compagnon de route durant une partie du séjour. Il nous a notamment accompagné dans les villes de Ouidah et Grand Popo.
C’est pour son immense plage que nous sommes allés à Grand Popo, nous en avons bien profité durant toute une après-midi car la plage était déserte. La ville ne présentant pas d’autres intérêts touristiques à notre connaissance, nous n’y sommes donc pas retournés.
Grand Popo
Grand popo
C’est à Ouidah que nous nous sommes rendus le plus souvent car cette ville présente un grand intérêt historique de plus la famille de ma copine en est originaire.
Le 1er lieu que nous avons eu l’occasion de visiter fut le temple vaudou des pythons. Cet animal étant le symbole de la ville il est très respecté, certains habitants en portent même la marque sur leur visage. Le gardien du temple nous a permis d’approcher les pythons au plus près et nous a sensibilisé à la spiritualité vodun, loin de tous les clichés habituels.
Le Temple des pythons avec J.B
C’est grâce à la famille Jah que nous avons rencontré Kouassi Adossou, guide officiel de la ville de Ouidah, qui nous a conduit sur “la route des esclaves“.
Ouidah
La Route des esclaves
Ouidah est particulièrement liée à l’histoire de la traite négrière. En effet c’est ici que de nombreux esclaves ont transité pour être embarqués sur les bateaux négriers en direction des Amériques et des Caraïbes.
On retrouve des vestiges de cette époque un peu partout dans la ville notamment au niveau de l’architecture des anciennes maisons de type coloniale (quartier brésilien) et du fort portugais, seul fort européen encore visible.
Cette période de la traite négrière est une période à laquelle je suis particulièrement sensible, vous l’aurez sans doute compris en visitant ce blog. C’est donc avec beaucoup d’émotion que j’ai parcouru cette “route des esclaves” par laquelle des millions d’êtres humains, hommes, femmes, enfants sont passés.
Le parcours se termine sur la plage ou a été érigée “la porte du non retour” monument symbolisant, comme son nom l’indique, la séparation des Africains déportés et de leur terre.
La Porte du non retour
Concernant cette tragique période de l’histoire je suis totalement opposé au discours qui soutient l’idée que: si le système occidental a mis en esclavage les populations africaines, c’est parce que les Africains eux mêmes se mettaient déjà en esclavage entre eux, et par conséquent que les Occidentaux n’ont fait que profiter d’un marché déjà en place.
Il est évident que sur une période de plus de 400 ans si il n’y a que les complices africains qui vous intéressent vous allez en trouver ! Est-ce pour autant qu’il faut ramener la responsabilité première de ce crime contre l’humanité à l’Africain seul ? D’autant plus qu’il n’y a pas de corrompus sans corrupteurs.
C’est encore plus rageant lorsque ce discours est repris par les Africains eux-mêmes ! C’est pourquoi je vous suggère fortement de vous informer par vous même en lisant par exemple les travaux du Pr. Bwemba Bong et de Jean Philippe Omotunde.
Ouidah nous a aussi permis de rencontrer une partie de la famille de ma copine, qui habite encore dans la grande maison familiale !
Tatie Yvette (Ouidah)
Bien sûr, tous ces déplacements nécessitaient de se réapprovisionner en carburant. Comme la plupart des Béninois, nous avons utilisé les stations service improvisées sur les bords des routes. L’essence frelatée, qui vient du Nigéria, pays voisin du Bénin, est beaucoup moins chère car l’État n’a aucun contrôle dessus.
"Vous ne viendrez plus chez nous par hasard"
"Vous ne viendrez plus chez nous par hasard"
La suite de notre itinéraire nous a mené à Allada. Bien que notre passage y fut bref, nous tenions à y aller car une statue de Toussaint Louverture, l’une des figures majeure de la révolution haïtienne, y a été érigée. Celui-ci étant originaire de l’ancien royaume d’Allada.
Toussaint Louverture (Allada)
Au cours de la même journée nous nous sommes rendus à Ganvié, petit village lacustre situé sur le lac Nokoué.
Les habitations bâties sur l’eau font la particularité de ce village. Les barques à voile ou à moteur sont les seuls moyens de circulation, c’est donc de cette manière que nous avons fait la visite.
Ganvié
Ganvié
Il est important de passer par l’agence officiel qui permet la visite du village car de faux guides peuvent vous proposer leur service, et une fois embarqué au milieu du lac le risque de racket est bien réel ! Cela permet aussi la redistribution des fonds récoltés pour l’entretien du village.
Wilson Zossou fut notre guide au cours de la traversée, étant lui même originaire de Ganvié il était bien placé pour parler de son village, dont les principales ressources proviennent de la pêche et du tourisme.
Wilson Zossou (Ganvié)
L’origine du village remonterait au XVIIIe s. à l’époque où des razzias esclavagistes ont poussé les populations de la région à venir se réfugier dans les marécages du lac.
Ganvié
Ganvié
Abomey fut la prochaine ville que nous avons eu l’opportunité de visiter, grâce à l’oncle de ma copine qui nous hébergeait à Cotonou. C’est donc en compagnie de tonton Hugues que nous nous y sommes rendus. Sur place nous avons rencontré plusieurs membres de la famille de ma copine et visiter le village natal de son oncle.
Tonton Hugues' family (Abomey)
Ensuite nous sommes allés au musée d’Abomey qui est inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO. La visite fut intéressante mais trop rapide. En effet nous n’avions pas vraiment le temps de lire les panneaux d’informations des différentes salles, racontant l’histoire des différents royaumes de la région.
A la suite de cette visite nous sommes partis à la rencontre d’un prêtre vodun renommé que tonton Hugues souhaitait consulter. A notre grande surprise le prêtre gardait des lions dans son village ainsi qu’un crocodile, à des fins spirituels.
Abomey
Abomey
A Abomey comme dans les autres villes que nous avons visité il est fréquent de voir des fresques (bas-relief) relatant l’histoire du pays et des rois successif.
Abomey
Avant de quitter la ville nous avons fait un arrêt devant la statue du roi Béhanzin qui a combattu l’armée coloniale française à la fin du XIXe s. Il finira par être déporté en Martinique avec sa famille, de retour en Afrique il mourra en Algérie.
Béhanzin (Abomey)
C’est à Porto-Novo que nous avons terminé notre périple du sud du pays.
Le musée Da Silva, où nous avons eu le privilège d’être les seuls visiteurs fut notre première étape dans la capitale. Cette maison à été construite par la riche famille Da Silva en 1890.
Musée Da Silva
Musée Da Silva
Le musée rassemble toute une collection d’objet symbolisant l’ambiance de l’époque, il se veut aussi d’être un lieu de mémoire de la traite négrière.
Musée Da Silva
Musée Da Silva
La 2ème étape nous a mené à parcourir les rues du marché pour nous retrouver devant la grande mosquée. Elle a la particularité d’être directement inspirée des églises de Salvador de Bahia, ayant été construite par des esclaves affranchis rapatriés du Brésil et convertis à l’Islam. C’est ce qui explique son architecture insolite pour une mosquée.
La grande mosquée
La grande mosquée
La dernière étape nous à permis de nous désaltérer avec un pur jus de fruit ! Effectivement c’est au centre Songhaï que nous avons fait une halte, espérant pouvoir rencontrer un responsable afin d’obtenir des précisions sur les différentes formations que le centre propose.
Du nom d’un prestigieux empire ouest africain, Songhaï est une ONG qui à pour but d’élever le niveau de vie des populations en Afrique pour un développement social et économique durable par le biais d’activités agricoles.
Malheureusement nous n’avons pas pu rencontrer de responsables n’étant pas passés le bon jour. Toutefois l’anecdote du jus de fruit à son importance car malgré la grande diversité de ses fruits il est difficile de trouver un vrai jus de fruit au Bénin ! On ne trouve que des “sucreries”, boissons gazeuses qui n’ont rien de naturelle !
Ceci montre bien dans quelle situation se trouve l’Afrique aujourd’hui, elle possède des matières premières (ici les fruits), mais la transformation de ces matières ne se fait pas sur place, à la place on importe des produits finis (boissons gazeuses) venant de l’étranger.
Un des objectifs du centre Songhaï est de faire en sorte que les matières premières agricoles africaines, soient transformées en produits finis sur place, et destinées aux populations locales en priorité, afin d’atteindre l’autonomie et ainsi sortir du schéma de la dépendance.
“Ces aides alimentaires (…) qui installent dans nos esprits (…) ces réflexes de mendiant, d’assisté, nous n’en voulons vraiment plus ! Il faut produire, produire plus parce qu’il est normal que celui qui vous donne à manger vous dicte également ses volontés.” THOMAS SANKARA
Nous aurions aimé passer plus d’une journée à Porto-Novo car c’est une ville qui nous avaient réellement charmé.
Le prochain article traitera de notre escapade dans le nord du pays et notamment dans l’un des 2 parcs naturels que compte le Bénin, celui de la Pendjari.
Un grand merci à J.B et sa famille, Tonton Hugues et la famille d’Abomey, Tatie Yvette et la famille de Ouidah, Patou et ses employés, Wilson Zossou bon courage pour la suite, Kouassi Adossou.